Entretien avec S.E. Roxane de Bilderling, Ambassadeur du Royaume de Belgique en RD Congo
C’est depuis août 2023 que l’ambassadeur Roxane de Bilderling est en poste à Kinshasa-RDC. Les défis liés à ce poste au sein de l’une des grandes ambassades installées au Congo n’ont jamais ébranlé sa foi en un lendemain pacifique tant espéré pour la RDC dans ce continent africain que l’ambassadeur appelle son « Continent de cœur ». Et pour y arriver, comme membre de l’Union européenne et des Nations unies, la Belgique contribue à apporter des solutions d’une paix durable-gage du développement de toute nation. Comme partenaire bilatéral, c’est avec une enveloppe colossale de plus de 100 millions € par an que la Belgique intervient dans différents secteurs de la vie de la nation RD Congolaise pour cheminer ensemble. De la coopération au développement à l’aide humanitaire en passant par les investissements sans oublier les relations commerciales, aucun aspect n’a été épargné lors de cette entrevue que la première des Belges de la RDC a accordée au magazine Congodiplomatie dont voici la teneur.
Publié en octobre 2024
Congodiplomatie Magazine : Excellence, ça fait pratiquement une année que vous êtes accréditée comme Ambassadeur du Royaume de Belgique en RDC. Quelle image avez-vous de la RDC ?
Ambassadeur Roxane de Bilderling : Une seule image ne saurait décrire mon vécu, ici en RDC depuis presqu’un an. Cette année m’a semblé courte, mais truffée de rencontres passionnantes. Je suis marquée par l’énergie, le potentiel et la volonté de faire davantage de choses. Le mot qui résumerait le mieux ma première année de fonction, ici, est « l’enthousiasme», mon enthousiasme de travailler à Kinshasa.
CD : Croyez-vous, madame Roxane, qu’être ambassadeur en RDC, un pays en conflits, vous place dans les bonnes dispositions ? Votre avis de diplomate.
RdB : Je suis très contente d’être à Kinshasa, mais bien entendu ce n’est pas parce que c’est un pays en conflit. La deuxième partie de votre question rend la réponse difficile, mais je peux vous dire que venir comme ambassadeur en RDC était mon premier choix. C’est un rêve que je caressais depuis mon premier passage en 2011, car je m’étais toujours dit que je voulais y revenir comme ambassadeur. A l’époque, je travaillais avec un grand ambassadeur, l’ambassadeur Struye. Il m’avait beaucoup impressionnée et je pense toujours à lui en me demandant ce qu’il aurait fait dans telle ou telle situation. Je suis venue une première fois en 2011 en RDC et j’ai eu l’occasion de continuer de suivre l’évolution du pays, car juste après mon passage, j’ai été conseillère sur les questions liées à l’Afrique du ministre belge des Affaires étrangères. Je suis revenue en mission en RDC avec le ministre plusieurs fois. Par la suite, j’ai occupé différents postes tout en gardant un œil sur ce qu’il se passait en RDC. On ne quitte jamais vraiment la RDC, quand on vient, on s’y attache. En outre, je suis ravie d’être là pour une autre raison : c’est mon équipe, une équipe formidable. Il y a de magnifiques talents ; des diplomates, les membres du personnel local, beaucoup de personnes extrêmement dévouées. L’ambiance de travail est excellente, on travaille tous comme des fous avec un enthousiasme extraordinaire et une volonté de mieux faire. Je l’ai dit dans mon discours lors de la fête nationale et ce ne sont pas des mots en l’air, c’est un privilège de travailler avec cette équipe.
CD : Excellence! Il s’avère que vous connaissez un peu plus sur la République démocratique du Congo. Quelle est votre lecture de la situation dans la partie orientale du pays (RDC) ?
RdB : La situation de l’Est du pays est complexe. C’est terrible, car il y a tant de gens qui souffrent et depuis trop longtemps. On ne peut rester indifférent face à cette tragédie. On doit continuer à se mobiliser face à ce qui se passe à l’Est du pays. C’est moralement indispensable pour mettre fin à cette souffrance, on ne peut pas continuer comme ça. On est du moins encouragés par les initiatives tendant à ramener la paix, comme les pourparlers de Luanda qui semblent, nous l’espérons, aller dans la bonne direction. Il y a eu la trêve humanitaire, ensuite le cessez-le-feu qui ont permis une diminution des affrontements sur le terrain. C’est déjà un soulagement. Il y a des millions de personnes déplacées et des milliers d’enfants qui n’iront pas à l’école, des personnes qui n’ont pas à manger et surtout qui vivent dans des conditions abominables. On ne peut pas se contenter d’un cessez-le-feu. On doit continuer à appuyer les efforts pour une solution durable. Cela veut dire que les troupes rwandaises doivent se retirer. On doit absolument trouver les voies et moyens de faire cesser cette violence et rétablir l’autorité de l’Etat à l’Est du pays, une gouvernance, les services publics et surtout une vie normale pour les citoyens qui ont trop longtemps souffert.
CD : C’est claire que la Belgique est très préoccupée. Vous étiez à Kisangani le 02 aout dernier à la commémoration du Genocost et, vous aviez vu toutes ces photos et suivi tous ces témoignages des victimes des guerres dans cette partie de la RDC. Quelles sont les mesures à prendre par la Belgique pour éradiquer cette histoire d’un autre génocide à l’Est du pays?
RdB : Ce n’est pas nous qui allons tout résoudre, mais nous essayons de contribuer à ramener la paix à travers différentes initiatives. Sur le plan bilatéral et diplomatique, la Belgique s’est prononcée de façon très claire. Tout le monde a pu s’imprégner du communiqué de la Belgique lorsque le dernier rapport du groupe des experts de l’ONU a été publié. Ce communiqué est très clair sur les positions que la Belgique défend et prend par rapport à ce qui est en train de se passer. La Belgique est aussi membre de l’Union européenne, et à ce titre elle essaie de jouer un rôle constructif dans cette Union avec les autres Etats-membres pour sensibiliser et faire comprendre la situation. La Belgique a travaillé aussi avec d’autres pays-membres pour arriver à obtenir des sanctions afin de faire pression et pointer du doigt des responsabilités dans ce domaine. Ce n’est pas que symbolique, la ministre des affaires étrangères de la RDC, lors de son briefing à la communauté internationale il y a quelques jours, a d’ailleurs tenu à remercier les Etats-Unis, l’Union européenne, les Nations unies pour toutes ces mesures de condamnation qui permettent de pousser à des négociations. Et c’est cela que l’on veut obtenir en prenant ces mesures : reconnaitre ce qu’il se passe à l’Est de la RDC, revenir à la paix. Ensuite, il faudra mettre en place les mécanismes de justice pour mettre fin aux cycles de violences. La Belgique est active dans ce domaine et appuie les initiatives de mise en place d’une justice transitionnelle en RDC à travers un projet du bureau conjoint de Nations unies pour les droits de l’Homme. Dans ce cadre, des consultations ont lieu sur l’ensemble du pays pour sonder la population des différentes provinces sur les mécanismes de justice à mettre en place, et pour permettre à la RDC de se doter d’une politique de justice transitionnelle adaptée aux différents contextes. C’est très important de placer les victimes au centre de ces mécanismes. Modestement, on essaie d’appuyer les initiatives en la matière. Cela fera partie de la solution à l’Est du pays. Il faut aussi réparer, même si on ne peut jamais entièrement ré- parer la perte d’un être humain, la souffrance subie. Mais on peut essayer, par des mécanismes de réparation, d’aider les gens à se reconstruire et envisager un avenir. Le plus important, c’est de reconstruire une société tournée vers l’avenir.
CD : Très récemment la ministre des Affaires étrangères vous a reçue avec le Directeur général de l’Office des étrangers, ce qui est un fait très rare. Peut-on en savoir un peu plus sur cette rencontre ?
RdB : En effet, cette rencontre a eu lieu et je suis revenue voir la ministre des Affaires étrangères dans le cadre de ma visite de courtoisie. Le Directeur général de l’Office des étrangers avait sollicité cette entrevue pour expliquer la politique d’asile en Belgique. Parce que, comme partout ailleurs, il y a des idées ou des mythes qui circulent autour des questions d’asile et migration. D’ailleurs, la question des visas est une de mes priorités. En venant ici, je me suis assignée un devoir d’améliorer notre fonctionnement dans le domaine de la délivrance des visas. Je l’ai aussi dit dans mon discours lors de la fête nationale de Belgique. On a fortement réduit le délai d’attente pour avoir un rendez-vous et le délai de traitement. On a recruté du personnel pour pouvoir gérer cela au mieux. Le personnel en charge des visas occupe de plus en plus de place dans notre ambassade. On est conscient qu’il y a encore beaucoup de travail. Ce qui est étonnant, c’est que plus on augmente la capacité de traitement des visas, plus il y a de demandes. Quelque part, c’est encourageant : beaucoup de gens veulent voyager et visiter l’Europe. Le Centre européen de visas délivre des visas pour dix-sept pays, c’est énorme. Il y a une demande croissante, ça fait beaucoup de travail. Revenant à la visite du Directeur général Freddy Roosemont, il y a un autre aspect qu’il a abordé, c’est la question du respect des normes ; il y a des normes qu’il convient de respecter sur le droit de rester sur un territoire. Cela est vrai dans les deux sens : en Belgique comme en RDC. Parfois, les personnes qui voyagent décident d’y rester pensant qu’elles ont trouvé un eldorado, que la vie y est facile, cela fait partie des mythes. La mission du Directeur général avait pour but d’expliquer les réalités de ce type d’expérience. Il a tenu à ce que la population soit sensibilisée pour déconstruire ce mythe. La politique d’asile, ancrée dans le droit international, vise à protéger les personnes victimes de persécutions. Cependant, les demandes abusives mettent à mal ce système et engendrent des retours forcés, suscitant une frustration pour la personne qui doit revenir au sein de sa communauté. Le Directeur a tenu à expliquer les critères d’obtention d’asile et a accordé une série d’interviews pour sensibiliser sur cette question. Cette visite était très médiatisée et a permis d’expliquer au gouvernement le contexte de sa visite et à la population les règles relatives à l’obtention de l’asile.
CD : L’ambassade de Belgique en RDC est l’une des plus importantes au pays sinon la plus grande, car elle regorge beaucoup de structures en son sein. Pourriez-vous nous dire les structures ou institutions qui accompagnent l’action de votre gouvernement dans l’accomplissement de ses missions ici ?
RDB : Vous avez parfaitement raison, c’est notre plus grande ambassade bilatérale au monde. C’est aussi un privilège de pouvoir travailler dans ces conditions-là. En termes d’institutions, il y a d’abord Enabel, notre agence de coopération qui exécute les programmes de coopération bilatérale de la Belgique et met aussi en œuvre des programmes sous financement européen. C’est l’une de nos agences les plus importantes ici. Enabel est plus grande que l’ambassade en termes de personnel, et, tout comme pour l’ambassade, la majeure partie du personnel d’Enabel se constitue de Congolais. Enabel a aussi des bureaux dans les provinces, ce qui permet de couvrir une bonne partie du territoire. D’autres entités sont présentes, à travers des représentants de régions et communautés. Nous avons le Centre Wallonie Bruxelles avec ses activités d’ordre culturel connus de tous. Il dépend de la délégation Wallonie-Bruxelles qui représente – pour simplifier- les francophones de Belgique. Il y a aussi la Représentante de la région de Bruxelles-capitale, Mme Vermeulen. Elle a dans ses compétences tout ce qui est de la promotion du commerce extérieur, les investissements etc. A ce titre, elle représente les trois régions de Belgique, car il y a des accords de coopération entre nos régions. Et donc toutes les sociétés belges qu’elles soient de Bruxelles, de Flandre ou de Wallonie peuvent faire appel à ses services pour avoir un appui dans leurs démarches visant à faire des affaires au Congo, que ce soit au niveau commercial ou d’investissement. En outre, il y a énormément d’autres entités belges qui ont une action liée à notre présence au Congo sans en avoir une représentation sur place. Pour donner un exemple, l’Agence BIO Invest investit dans des entreprises et apporte ainsi une contribution structurelle à la croissance socio-économique du pays. Parfois, ils font aussi appel à nous pour les appuyer dans les interventions.
CD : Excellence ! La Belgique apporte de l’aide humanitaire considérable en RDC. A combien pourra s’élever l’enveloppe de la Belgique dédiée à l’aide pour la RDC ?
RdB : L’aide humanitaire directe à la RDC s’élève à environ 20 millions d’euros par an. A côté de cela, la Belgique finance des organisations humanitaires sous forme de « core funding », là où l’aide est nécessaire. Ces fonds interviennent seulement quand il y a des besoins humanitaires, mais on ne saura dire d’avance que telle somme ira au Congo. C’est aussi un aspect important de notre soutien. Nous soutenons aussi certaines ONG internationales ou congolaises dans le cadre de l’accompagnement sur des réponses humanitaires. L’enveloppe que l’on donne pour soutenir l’aide humanitaire en RDC est donc plus importante que les 20 millions dont j’ai parlé, ce qui est déjà un montant important pour la Belgique, qui est un petit pays.
CD : Cette question est destinée principalement à la conseillère économique et commerciale, Mme Micheline, mais je me permets quand-même de la poser à la première des belges que vous êtes. Comment décrivez-vous les relations commerciales entre Bruxelles et Kinshasa ?
RdB : Les relations sont bonnes dans le sens que nous n’avons pas de différends commerciaux. Mais, je peux dire qu’elles sont insuffisantes. On peut faire plus. C’est une volonté de notre part et nous sommes en train de voir comment nous pouvons encourager les échanges et ce, dans les deux sens. Au niveau commercial, on peut prendre l’exemple d’une des entreprises belges les plus connues en RDC, Colruyt, dont les produits sont très présents sur le marché congolais. Il y a aussi des entreprises belges qui investissent en RDC. Par exemple une entreprise spécialisée dans la fabrication de prothèses, Ugani, avec des imprimantes 3D. Cette entreprise produit des prothèses beaucoup moins chères et adaptables à chaque situation. La technologie est très innovante. Nous avons visité cette entreprise quand notre ministre des Affaires étrangères s’est rendue en RDC il y a quelques mois. Malheureusement avec des situations d’accidents de circulation routière ou/et la situation à l’Est du pays, on a fortement besoin de ce genre de services. C’est un très bel investissement avec un impact sur la vie humaine. Un autre exemple est l’entreprise belge STUDIOTECH, qui fournit le matériel nécessaire à la digitalisation des émissions de la RTNC. Cette technologie de pointe a servi lors de la couverture médiatique de la visite du pape, des jeux de la francophonie, de l’investiture du Président de la République. La digitalisation de la RTNC permet de faire vivre à la population ces grands évènements du pays en direct. Lors de ma visite au siège de la RTNC, j’ai pu voir les camions de reportage de la RTNC équipés par STUDIOTECH. C’est fantastique, un vrai bijou technologique. A côté de cela, nous voudrions un renforcement des investissements dans la transformation des produits agricoles car ce secteur génère de la valeur ajoutée et la création d’emplois en RDC. Nous voulons que les produits soient transformés localement et soient aussi vendus sur le marché belge. Je peux vous dire que le chocolat congolais est très apprécié en Belgique et on s’y connait en chocolat. A l’avenir, on aimerait aussi boire du café congolais le matin! Dans certaines régions du pays, le climat est impeccable pour produire du café. La coopération belge travaille sur des projets pour identifier les graines de café les plus adaptées à l’environnement congolais. En outre, des programmes de recherches issus d’une collaboration entre les universités belges avec les universités de la RDC identifient les meilleures techniques de reboisement pour contribuer à la lutte contre le changement climatique tout en créant des richesses et des emplois en RDC dans le secteur de la production du café.
CD : Excellence! Personnellement, nous avons une idée de votre parcours diplomatique et non notre grand lectorat. Pourriez-vous, madame l’ambassadeur, nous parler de votre parcours professionnel ?
RdB : Oui, volontiers! J’ai commencé ma carrière au Kenya où je couvrais à la fois le multilatéral avec les agences des Nations unies, et toute une série de pays comme la Somalie, l’Erythrée, les Comores, les Seychelles et Madagascar. Après le Kenya, j’ai atterri en Afrique du Sud où je couvrais aussi une série de pays de l’Afrique australe. C’est là que je me suis familiarisée avec le Processus de Kimberley de certification des diamants bruts. C’est un mécanisme de traçabilité de diamants qui permet d’éviter de financer le diamant de conflit et qui a été développé au lendemain des guerres civiles en Angola, Liberia ou Sierra Leone, par exemple. Cette expérience explique qu’on m’ait demandé de venir à l’ambassade de Belgique à Kinshasa pour travailler avec l’équipe congolaise au moment où la RDC a pris la présidence du processus de Kimberley en 2011. C’était pour moi une expérience magnifique, qui m’a permis de travailler au sein de l’administration congolaise, au Centre d’Expertise, d’Evaluation et de Certification (CEEC). J’étais à l’ambassade, mais je travaillais au sein de l’administration congolaise. On a eu le privilège de coordonner cette présidence avec mes collègues congolais. Ce qui était une expérience très enrichissante. Et de là, je suis rentrée en Belgique pour être nommée comme conseillère-Afrique du ministre des Affaires étrangères. Je suis restée en Belgique pendant deux ans et demi. Nous avons fait plusieurs missions en RDC. On a connu la première crise du M23. Nous avons été en visite à l’Est et ici à Kinshasa, on a fait beaucoup de suivi et de plaidoyer au niveau international pour sensibiliser sur la crise. En 2014, je suis partie comme ambassadeur au Kenya et j’y suis restée trois ans. En 2017, le ministre m’a demandé de revenir dans son équipe pour devenir sa directrice de cabinet. C’est ce que j’ai fait jusqu’à la fin de la législature, pendant deux ans. En 2019, je suis partie comme ambassadeur à Tokyo, au Japon, ce qui m’a éloigné de mon continent de cœur, l’Afrique. Ce fut une expérience différente, une magnifique découverte pour moi car je n’avais jamais visité un pays de cette région. Le Japon est un pays fascinant à découvrir. Après mes quatre ans au Japon, je suis arrivée en RDC l’année dernière à ma grande joie. J’avais mis Kinshasa en tête sur la liste de mes premiers choix de postes.
CD : Excellence ! Quel autre sujet souhaiteriez-vous évoquer ?
RdB : J’ai abordé beaucoup de sujets. Mais peut-être un aspect que je n’ai pas touché et, c’est particulièrement enrichissant, c’est l’égalité des genres et mes échanges enrichissants avec des femmes impressionnantes en RDC. Je peux dire qu’en un an j’ai rencontré énormément de femmes formidables, ici, en RDC. Le constat est que ce n’est pas toujours facile pour elles dans certains milieux et dans certains domaines, particulièrement en politique. Il faut comprendre que la politique est un domaine très dur et, pour les femmes, c’est parfois encore plus dur. Mais j’observe l’émergence, comme dans d’autres domaines, de femmes formidables, je pense premièrement à la Première ministre. Sa nomination permet d’ouvrir les portes, susciter des vocations et créer des opportunités pour beaucoup de jeunes femmes. Dans le secteur privé, il y a aussi des femmes brillantes qui démarrent leurs activités. A ce propos, j’ai rencontré une femme qui a mené une carrière de journaliste durant plusieurs années à l’étranger et qui était très bien dans cette vie-là, mais qui a décidé de revenir dans son pays parce qu’elle a estimé qu’elle avait quelque chose à apporter. A présent, elle a démarré sa société de Roxane de communication. Les exemples de femmes entreprenantes qui prennent des responsabilités sont nombreux. Ce sont des choix courageux puisqu’on ne leur donne pas toujours spontanément ce rôle-là. Ne vous méprenez pas, je ne crois pas que les femmes doivent remplacer les hommes. Je trouve simplement qu’on peut mieux voir en se servant de ses deux yeux, l’équilibre n’est trouvé que lorsqu’on marche sur deux jambes ou lorsqu’on regarde avec deux yeux. C’est ainsi que l’on apporte, chacun, sa façon de concevoir les choses. La RDC a quelque chose de particulier : sous l’impulsion donnée par le chef de l’Etat, le concept de la masculinité positive fait son chemin dans la société. Ce concept de masculinité positive est beaucoup mieux adapté que celui du genre qui fait référence à la femme et à l’homme, et fait peser sur la femme seule la responsabilité de se défendre. A mon avis, le prochain ministre du genre devrait être un homme.
CD : Excellence! Nous vous remercions.
RdB : Merci
Propos recueillis par Gomer Oleko



