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Entretien avec S.E. Ingo Herbert, Ambassadeur d’Allemagne en RD Congo

L’Allemagne est l’un des grands partenaires bilatéraux de la République démocratique du Congo bien que méconnu du grand public congolais. L’apport du gouvernement allemand au développement de la RDC varie selon qu’il s’agit de l’aide au développement ou de l’aide humanitaire. Dans tous les deux cas, c’est le peuple congolais qui en est le destinataire.
Cependant la coopération économique entre Kinshasa et Berlin reste déséquilibrée, situation tributaire à la méconnaissance par les congolais des langues d’interaction utilisées par les investisseurs allemands : l’allemand et l’anglais. C’est ce qu’a révélé l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de l’Allemagne auprès de la RDC, M. Ingo Herbert.
Le diplomate allemand a pris le soin d’aborder avec notre journal, le Magazine Congodiplomatie, plusieurs points de coopération entre son pays et la RDC. Pour avoir le sentiment d’un travail accompli, M. Hebert veut obtenir avant la fin de son mandat à Kinshasa, la signature de l’accord sur l’établissement de l’Institut allemand Goethe de Kinshasa, devant avoir une de sections dédiée à l’apprentissage de la langue allemande. Pour s’en édifier, la lecture intégrale de cette interview s’impose.

Publié en octobre 2025

Congodiplomatie Magazine : Excellence ! Merci d’avoir accepté de répondre aux questions du journal sur l’actualité diplomatique et de coopération germano-congolaise. Cela fait pratiquement deux ans déjà que vous assumez les fonctions d’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire en RDC. Quelle image gardez-vous jusqu’ici du pays et de son peuple ?

S.E. Ambassadeur Ingo Herbert : L’image que j’ai de la RDC est intimement liée à mon parcours très complexe dans le continent africain. Comme l’Allemagne, la RDC a une histoire truffée de ruptures et des défis. La politique de la RDC est difficile à comprendre et des dynamiques pas faciles à cerner. Quant au peuple congolais, je garde une image d’un peuple gentil qui fait face aux impondérables et vicissitudes de la vie : on voit tant de peines causées aux Congolais, des fois par des Congolais eux-mêmes.

CD : Vous soulevez un aspect très important lié aux complexités de la vie en RDC. Comme représentant du gouvernement fédéral allemand, qu’entendez-vous par un pays complexe ?

I.H : Comme officiel et diplomate, j’observe que le pays a beaucoup de défis de développement. Nous avons ensemble avec le gouvernement de la RDC, pour relever ces défis, des programmes de coopération.

Naturellement nous essayons d’avoir un impact sur la vie de la nation comme partenaire, mais aussi nous observons que votre politique est très compliquée. Vous semblez être le seul pays au monde où plus d’une quarantaine de partis politiques sont représentés à l’Assemblée nationale. Ailleurs avoir dix partis politiques au parlement, c’est déjà de trop. Normalement on peut avoir au parlement entre trois, quatre, voire cinq partis politiques qui sont représentés au parlement comme chez nous aussi et dans la plupart de pays européens.

L’histoire de la RDC avec le système colonial jugé un de très durs en Afrique n’a pas favorisé les choses malgré le vent de l’indépendance.

Notons que la période postindépendance a été celle de trouble pour certaines provinces et cela durant quelques années du règne de Mobutu. Il y a eu plusieurs phases qu’a connues le pays avec à la clé des guerres venues de l’extérieur notamment avec le Rwanda qui a connu le génocide ; ce qui a déstabilisé plusieurs parties du pays.

Cette situation a même influé sur le changement de régime au pays : on a vu Kabila-père prendre le pouvoir avant d’être succédé par son fils, et en 2019, c’est le Président Tshisekedi qui a pris le pouvoir avec une situation qui ne lui est pas du tout facile avec la résurgence du M23, et cela continue jusqu’à aujourd’hui avec l’occupation de certaines parties du Nord Kivu et du Sud Kivu par les M23 et les troupes rwandaises.

En Afrique, chaque pays a son histoire, mais l’histoire de la RDC a beaucoup des ruptures avec des structures qui sont très difficiles. Sur le plan économique, c’est la même chose. Il s’observe aussi qu’en dépit de matières premières dont le cobalt et autres, la population n’en bénéficie pas vraiment.

La RDC est un grand pays, constituant à elle seule le territoire de l’Europe de l’Ouest ; elle connait un problème d’inclusion sociale.

L’autre épine est la gouvernance de territoires sans oublier la problématique des infrastructures. A cause de cette complexité, il est difficile de voyager dans le pays.

CD : Abordons le chapitre lié à la sécurité. Notre pays connait des défis sécuritaires énormes avec l’occupation de la partie orientale par le M23 et les troupes rwandaises. Au mois de février dernier, la ville de Munich a accueilli sa 61ème Conférence sur la sécurité ayant réuni plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement notamment de la RDC. Quel est l’apport concret de cette rencontre dans le monde ?

I.H : La Conférence de sécurité de Munich ressemble au forum de Davos pour le monde économique. Ce n’est pas une conférence du gouvernement allemand. C’est une initiative « public-privé » qui s’est développée pendant des années comme un forum du monde des experts des aspects sécuritaires.

La participation au Forum de Munich est très restreinte, car ce sont seuls les Chefs d’Etat, de gouvernement, particulièrement les ministres des Affaires étrangères, des ministres de la défense et des généraux, experts militaires. Ce forum est là pour discuter sur les crises du monde. Munich est autant très apprécié, car on y invite toujours les grands noms du monde.

C’est un programme rempli des panels, des allocutions qui, très souvent, donnent l’impression des positions des acteurs-clé dans le secteur sécuritaire dans le monde. En sus, à l’instar de Munich, il y a des rencontres dans les couloirs informels et des rencontres bilatérales entre les dirigeants : à titre illustratif, le Président Tshisekedi y était pour des rencontres bilatérales avec le Président allemand par exemple ou encore les pourparlers qataris ont connu leurs jalons à la Conférence de Munich entre la délégation congolaise et celle du Qatar. La délégation congolaise conduite par le Président Tshisekedi secondée par la ministre des Affaires étrangères avait raison  de faire le déplacement de Munich pour faire entendre la voix de la RDC.

L’intérêt était de faire connaitre la violation du droit international par le Rwanda et faire la promotion de la sécurité de la RDC, parce que l’on dit qu’il s’agit là d’un conflit longtemps négligé et que le lieu où il devrait être exposé reste la scène internationale comme lors de la Conférence de Munich.

CD : En marge de cette conférence, le Président Félix Tshisekedi a rencontré le Président Frank-Walter Steinmer qui s’est engagé, et à la suite d’un entretien fructueux, a demandé au Gouvernement fédéral allemand d’intervenir dans le cadre humanitaire en faveur de populations victimes de guerre à l’Est de la RDC. Peut-on en savoir la suite ?

I.H : J’aimerais d’abord expliquer le système politique allemand : nous avons un Chef de l’Etat qui n’est pas le Chef de l’exécutif, car son rôle est purement protocolaire. Le chancelier est le chef du gouvernement qui prend note des recommandations du Chef de l’Etat. Il convient de signaler qu’après la Conférence de Munich, il y a eu des élections générales en Allemagne. Ce qui a conduit à la mise en place d’une nouvelle équipe gouvernementale.

Concernant la question d’aide humanitaire, ça se parle partout dans le monde : il y a des coupes budgétaires. Cela étant, l’Allemagne demeure, au plan bilatéral, un des grands bailleurs de fonds dans le cadre humanitaire. Aussi dans le passé, pour la RDC, l’Allemagne a toujours déboursé entre trente et cinquante millions d’euros par an en termes d’aide humanitaire.

Personnellement je ne connais pas encore les résultats de négociations avec notre gouvernement en ce qui concerne notre contribution à l’aide humanitaire. Cela tient bien compte de crises dans le monde et de la nouvelle équipe gouvernementale. Malgré les grandes mutations dues au retrait des Etats-Unis dans l’engagement international et multilatéral, l’Allemagne, comme une des grandes économies du monde, devra contribuer dans le cadre bilatéral ou multilatéral à l’aide humanitaire. Je ne m’attends pas à trop de coupes budgétaires en ce qui concerne notre participation à l’aide humanitaire.

CD : Vous avez une bonne connaissance sur le continent africain où vous travaillez depuis des longues années. C’est vrai qu’au début vous avez déjà évoqué la question sécuritaire. Quelle est votre analyse personnelle de la situation sécuritaire dans la partie orientale de la RDC, en votre qualité de partenaire de la RDC et surtout quelles sont les chances de réussite de l’accord conclu entre Kinshasa et Kigali sous la médiation de Washington sans oublier qu’il y en a eu d’autres avant ?

I.H : Je dirai d’abord, comme le dit Berlin, que l’implication du Rwanda dans ce qui se passe à l’Est de la RDC est une violation de la souveraineté de la RDC, grave violation de la charte des Nations Unies. On ne peut pas justifier ça avec le narratif que l’on entend du côté rwandais. Ensuite, nous soutenons toutes les initiatives tendant à donner la paix que ce soit à Washington, que ce soit sous la médiation de l’Union africaine avec la facilitation togolaise ou encore au Qatar.

L’actuel président de l’Union Africaine a proposé que pour les problèmes africains avec les Africains, nous voulons des solutions africaines avec les Africains corroborant avec ce qui a été dit dans le passé « African problems, african solutions ». Mais aussi, des solutions guidées par les Africains, ainsi on peut inclure les initiatives du Qatar. Comme l’Union Européenne, l’Allemagne est prête à le soutenir. La réussite de l’accord sous la médiation de Washington dépendra de la volonté politique. Un éminent professeur a écrit un livre sur la guerre, et a dit : «La guerre va se terminer, si les deux parties sont assez épuisées ». Après ma visite de Beni l’année dernière, Goma, Bukavu, Bunia, j’ai rencontré une population qui veut la paix.

Comme observateur, je reviens à l’aspect de la complexité du problème : cette situation à l’Est du pays est très complexe. Il y a jonction des intérêts de pays voisins sur les matières premières de la RDC, ceux des Congolais eux-mêmes, la question ethnique, la situation des réfugiés et celle des personnes déplacées sans oublier l’épineuse question d’absence de gouvernance. Il faut cependant  avoir une certaine volonté avec des mécanismes de contrôle pour avancer et réussir. A l’exemple de l’Europe après la deuxième guerre mondiale, on a créé en Europe une situation de paix et de stabilité. On a mis aussi en place un modèle que l’on appelle euro-région, ce qui veut dire que les provinces de l’Union Européenne les plus proches ont des relations plus étroites. On a l’exemple des Belges qui viennent travailler le matin en Allemagne et qui rentrent chez eux le soir. La même chose avec les Allemands qui travaillent à Maastricht, aux Pays-Bas ou qui travaillent à Bale, en Suisse ou Salzbourg, en Autriche. Il s’observe un bel échange dans les zones frontalières.

CD : L’Allemagne est un partenaire fort et équitable, mais très peu de congolais savent ce qu’elle fait de bien en détails. Dites-nous, si nous devons évaluer l’apport de l’Allemagne durant les douze derniers mois, à combien pouvons-nous estimer, en termes de chiffres, l’appui multiforme du gouvernement allemand en faveur de la RDC?

I.H : C’est vrai que beaucoup de congolais ne sont tout à fait conscient de ce que nous apportons. C’est moins visible, car on n’a pas de grands projets de construction d’ouvrages comme le bâtiment du parlement. En termes d’intervention, les chiffres sont impressionnants. Nous investissons de millions comme dans la biodiversité. En ce jour, nous avons remis un bateau à l’ICCN (Institut Congolais pour la Conservation de la Nature) pour faciliter la navigation et aider la population environnante du Parc Salonga. On peut dire que concernant la coopération, on est autour de cent millions d’euro par an et ce, depuis plusieurs années. Mais actuellement, l’enveloppe s’élève autour de cinq cents millions d’euros. A titre d’exemple, je venais d’assister à l’inauguration d’une station de transformation d’Inga I et II. Cette station a été réhabilitée à vingt-quatre millions d’euros.

Comprenez que notre participation à la desserte en électricité, ici, à Kinshasa et ailleurs, est très importante pour la vie de Congolais, mais cela n’est pas très connu du grand public. Une autre intervention dans le secteur de coopération concerne les finances. On intervient aux FPM pour les micro-crédits.

CD : Comment décrivez-vous les relations commerciales et économiques entre Berlin et Kinshasa ?

I.H : C’est un volet de notre coopération qui n’est pas optimal, car la RDC n’exporte plus que les ressources minières qui alimentent les industries technologiques. Les entreprises allemandes ne sont pas dans le secteur minier. Le facteur linguistique est d’autant plus déterminant dans la présence des entreprises allemandes qui passent parfois par les entreprises belges ou françaises pour investir en RDC. Au demeurant, le climat des affaires est une chose très importante sur laquelle on compte pour faire les affaires et le gouvernement congolais en est pleinement conscient. Le climat des affaires de la RDC est l’un des climats des affaires le plus difficile au monde et cela relève de la complexité de la RDC. Il reste pour nous une obligation de renforcer nos liens. Nous sommes en train d’organiser en décembre prochain une rencontre sur la coopération, donc un forum économique à Berlin avec l’Association des entrepreneurs avec un intérêt pour l’Afrique. Il convient d’ajouter qu’il se tient tous les deux ans un sommet Afrique-Allemagne dont le dernier était organisé en décembre 2024. Lors de ce dernier sommet, la participation congolaise était plus faible.

On a organisé, en février dernier, la plus grande foire d’Agriculture. Le ministre congolais de l’Agriculture était là, mais aucun stand dédié à la RDC n’y était érigé. On organise aussi la plus grande foire du tourisme ; on a aussi la foire d’Hanovre sur la technologie. Les Congolais doivent aussi être présents sur le terrain, en Allemagne. Ce qui contraste avec l’actuelle ambassadrice de la RDC auprès de Berlin, elle est très dynamique et marque de sa présence sur le terrain. Le temps est aussi propice à l’Afrique, en général, pour attirer les investissements allemands, car le gouvernement allemand est très favorable à cela. Chez nous, on a compris qu’il faut se diversifier, car on était trop dépendant de certains pays comme la Russie avec le gaz ; on est très dépendant avec la Chine à qui on achète le cobalt transformé. L’on a bien compris que ça doit changer, car on a cru en une globalisation qui va continuer. L’accent sur le nationalisme n’était pas notre stratégie, car on croyait à un monde qui devient de plus en plus ouvert.

CD : Excellence ! L’année passée à Berlin, j’avais visité la Société BSR (Berliner Stradtreinigung), spécialisée dans la gestion des déchets, leur recyclage et aussi, le nettoyage des routes de la capitale allemande. Est-il possible d’envisager un partenariat entre l’Hôtel de ville de Kinshasa et cette structure ?

I.H : Il y a lieu de distinguer les structures de gestion de la salubrité en secteur public et en secteur privé. Il y a des grandes entreprises publiques allemandes comme celle qui a installé le système d’eau à Berlin, mais aussi des grandes villes en Afrique et en Asie. On peut comprendre par-là que l’entreprise publique est souvent subventionnée. De ce fait, le coût est bien réduit pour les citoyens. Beaucoup de villes allemandes, fortes de la décentralisation, sont servies par les entreprises publiques.

Concernant la RDC, je ne sais pas dire si les entreprises allemandes spécialisées dans la salubrité ont intérêt à investir au pays.

Dans le secteur de l’eau, il existe des programmes de coopération. Il y a aussi une association fédérale qui peut avoir des coopérations avec d’autres pays comme c’est le cas de la Côte d’Ivoire avec sa ville d’Abidjan, où il y avait un bureau qui assurait un programme sur l’eau avec la ville d’Abidjan.

Il y a autant d’intérêt pour Kinshasa d’entrer en contact avec son ambassadrice à Berlin, afin d’entrevoir la possibilité des échanges en ce secteur. En guise des contacts entre les villes, Kinshasa peut directement contacter Berlin pour établir des échanges entre les responsables de toutes parts. Là on parle de la décentralisation de la gestion, car cela relève de la compétence de la ville de Berlin qui est un Etat fédéré. De fois, il y a des fonds pour soutenir pareille coopération.

CD : En mai dernier la Ministre congolaise des Affaires étrangères, Madame Thérèse Wagner, a rencontré son homologue allemand, le Ministre fédéral Johana Wadephul, en marge de Peace keeping Ministerial. Qu’en est-il sorti de cet échange ?

I.H : Au début du mois de mai, on a eu un nouveau gouvernement. C’est à sa première semaine que notre ministre des Affaires étrangères a rencontré la ministre congolaise, Madame Thérèse Wagner. C’était une rencontre très amicale qui a abordé deux sujets notamment la situation à l’Est du pays. A cette occasion, la ministre congolaise a fait un briefing de la situation de l’Est au nouveau ministre allemand des Affaires étrangères. C’était aussi le lieu pour Mme. Wagner de présenter la perspective congolaise sur les différentes initiatives. Le deuxième sujet de cette rencontre reposait sur la coopération bilatérale. Les deux personnalités ont, en outre, évoqué les initiatives pour renforcer la coopération économique.

CD : Excellence ! Pouvez-vous nous dire si le Gouvernement allemand octroie aussi des bourses d’études aux Congolais ?

I.H : Comme vous le savez nous avons une agence connue sous le nom de l’Agence allemande des échanges académiques, DAAD. Elle fournit plus de bourses dans le monde. On veut avoir un Institut Goethe à l’instar de l’Institut français, pour la promotion de la langue allemande, avec une section pour le programme culturel et une section pour le cours de la langue allemande. Et aussi, vous n’avez pas comme ailleurs en Afrique l’allemand comme une deuxième langue étrangère. En Côte d’Ivoire, il y 400.000 élèves qui choisissent l’allemand comme leur deuxième langue étrangère. On a aussi 2000 étudiants qui font les études en germanistique. Là nous avons des Professeurs associés qui enseignent la germanistique.

En termes de chiffres, la DAAD donne les statistiques de 12.000 bourses pour l’Afrique subsaharienne. L’année passée, quelques bourses de cours ont été données pour une durée d’un mois, mais aussi pour le Master ou le doctorat. Pour la RDC, on a eu 87 bourses pour l’année dernière. Au Kenya, par exemple, on a donné 1640 bourses ; au Ghana, on a donné 1673 bourses ; le Cameroun en a bénéficié presque 600. On peut comprendre que les bourses sont disponibles, mais il faut postuler directement sur le site de la DAAD.

Il en est de même pour les chercheurs et les jeunes professeurs comme le titulaire de la Fondation Alexander Von-Humboldt : Un grand chercheur du XIXème siècle, un nom très connu en Amérique latine parce qu’il a fait ses recherches dans cette contrée. Pour les chercheurs, il convient de soumettre son projet de recherche pour prétendre obtenir la bourse.

CD : La RDC est un pays riche en ressources et reste ouvert aux capitaux frais venant de l’étranger. Que préconisez-vous personnellement pour attirer plus d’investissements allemands en RDC ?

I.H : Pour le gouvernement de la RDC, il faut un bon climat des affaires. Il convient aussi de bannir certaines antivaleurs comme la corruption. On peut compter sur la justice intègre pour des bonnes réformes fiscales. On a eu, en tant qu’ambassadeur, un échange avec le Gouvernement congolais, pour accroitre l’attractivité des investissements. J’estime à mon humble avis que la digitalisation peut vraiment changer les choses. Avec la numérisation, on peut créer la transparence qui est l’un des grands standards internationaux dans la gouvernance aujourd’hui.

CD : Monsieur l’Ambassadeur ! Que pouvons-nous retenir de votre parcours diplomatique même si personnellement, j’en sais quelque chose ?

I.H : Pendant plus de 15 ans, ma carrière s’est passée en Afrique. Mes premières armes ont été battues à Moscou, à l’époque de l’Union Soviétique avant d’aller en Israël comme attaché de presse à l’ambassade d’Allemagne de 1993 à 1995 avec espoir concernant le processus de paix. Après Tel Aviv, j’ai travaillé à l’exposition universelle à Hanovre à l’an 2000.  J’ai commencé ma carrière comme ambassadeur adjoint en Tanzanie en 2005. Après j’étais nommé ambassadeur adjoint en Afrique du Sud. Ensuite, j’ai passé trois ans à Berlin comme directeur d’un département juridique. Après Berlin, j’ai été nommé Consul général à Lagos peu avant de devenir ambassadeur au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire. Depuis novembre 2023, j’ai été accrédité en RDC. J’ai constaté qu’il y a beaucoup de différences de perception  en Afrique comme chez nous en Europe. Je n’ai pas peur d’avouer que Kinshasa sera la dernière capitale avant ma retraite et mon retour à Berlin.

CD : Excellence ! Souhaiteriez-vous évoquer un autre sujet ou émettre un vœu pour l’avenir ?

I.H : Je souhaite renforcer les relations culturelles, par l’établissement de l’Institut Culturel Goethe. On a besoin d’un accord sur les statuts pour ouvrir cet Institut. C’est un objectif pour moi avant de quitter le pays l’année prochaine, celui de conclure cet accord. Il y avait un chancelier allemand, qui a aussi reçu le prix Nobel de la paix, Willy Brandt. Il avait dit une fois que « Peut-être que la paix ce n’est pas tout, mais tout n’est rien sans la paix ». Je crois que c’est valable pour tous les efforts qui sont fournis dans l’Union européenne ou en Allemagne en faveur de la RDC.

CD : Merci beaucoup, Excellence, pour le temps nous accordé.

I.H: Merci

Propos recueillis par Gomer Oleko



Editeur, Gomer Oleko est Directeur de la Publication du magazine Congodiplomatie depuis sa création en 2015. Soucieux de redorer l'image de la République démocratique du Congo à l'étranger, il est également producteur d’un documentaire sur les villes congolaises. Reconnue comme expert diplomatique, il organise des vernissages diplomatiques à chaque parution d’un numero du magazine Congodiplomatie avec comme Invités spéciales: l'Ambassadeur du pays dédié et l’Autorité congolaise du secteur de la diplomatie. Il est également Co-organisateur du Forum bilatérale sur la promotion de la coopération culturelle et scientifique (Fprocs). Monsieur Oleko est Fondateur et Directeur général de Blims Media, une société d'édition et de promotion internationale - exposant dans les grands Salons internationaux du livre. Il est diplômé en Relations internationales, avec plusieurs formations, notamment en Media & diplomatie, édition numérique, marketing digitale.