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Entretien avec S.E. Samy Adubango, Vice-ministre des Affaires étrangères

Publié en juillet 2022

Congodiplomatie : Excellence monsieur le Vice-ministre ADUBANGO, nous rappelons à l’attention de nos lecteurs que vous êtes, le numéro 2, de la diplomatie en R.D.Congo. Merci de nous faire l’amitié d’accepter volontiers d’élaguer certaines zones d’ombre n’est-ce pas autour de la vie politique dans notre pays.

Excellence Samy ADUBANGO : Le plaisir est partagé. Je tiens avant tout, apprécier votre souci de fouiner toujours à la source pour recueillir la bonne information. Le Magazine « Congodiplomatie », est parmi le rare si pas le seul dans la capitale Kinshasa, à faire la fierté des institutions de la République et se penche quant à la vulgarisation des faits concrets. Vous aidez aussi la population non seulement d’ici et d’ailleurs à en savoir un peu plus sur le rôle et les fonctionnements des différents diplomates étrangers en poste en République Démocratique du Congo, et surtout révéler leur engagement dans tous les secteurs de la vie nationale envers le pays hôte.

Par vous, nous sommes en mesure de découvrir certains pays qui entretiennent une relation sincère et sans vergogne sur base d’une amitié diplomatique efficace avec le nôtre.

Je vous en remercie énormément. Bon vent à votre Magazine !

CD : D’entrée de jeu, par rapport à la situation qui se vit à l’Est de la RDC, quelle peut être votre approche diplomatique ?

S.A. : Je crois que le Chef de l’Etat Congolais, Félix Antoine TSHISEKEDI, est en train d’accomplir un travail de titan. A tel enseigne, qu’il a mis toutes les options sur la table à palabre, tant sur le plan politique, sécuritaire et, surtout diplomatique.

Pour ce faire, pas plus tard que ce mercredi 06 Juillet 2022, il s’est tenu à Luanda, capitale de la République d’Angola, une Tripartite :

RDC-ANGOLA-RWANDA. A l’initiative, du président Angolais Joao LORENZO, mandaté par l’UNION AFRICAINE. Donc, les avancées s’avèrent très significatives pour la relance diplomatique productive de notre pays dans sa partie Est.

CD : Pour quelle fin, cette rencontre des Chefs d’Etats en terre Angolaise ?

S.A. : Il y a lieu que vous puissiez comprendre qu’il s’agit véritablement d’une démarche de tentative d’apaisement diplomatique suite au regain des violences à l’Est de notre pays dû aux attaques de ce groupe terroriste du M23, soutenu par le Rwanda. Cependant, il est à retenir que la position de la R.D.Congo, elle est claire sur cette question. Mon pays ne se trouve en aucune manière dans une logique de négociation avec le groupe terroriste de M23, il s’agit plutôt d’une démarche sous régionale enclenchée par l’Union Africaine.

CD : Ce n’est pas le premier engagement du Gouvernement de la République dont les belligérants accentuent leurs exactions à l’Est ; D’aucuns croiraient que c’est un voyage de trop pour Félix TSHISEKEDI, Qu’en dites-vous ?

S.A. : Non, pas du tout ! Dès lors que les Chefs d’Etats se sont convenus pour le retrait immédiat et sans condition de ces terroristes du M23 sur le sol Congolais dont le Rwanda en est le bourreau ; Voilà pourquoi, la désescalade va continuer jusqu’à ce qu’il soit rétablie une paix totale et durable. C’est une résolution qui ne peut que nous réjouir.  J’aimerais vous fixer sur une mise au point très importante, vous êtes sans ignorer qu’il se dégage une percée diplomatique incontournable avec en toile de fond un leadership agissant du garant de bons fonctionnements des institutions de la République, Félix Antoine TSHISEKEDI.

Généralement, la voie diplomatique a sensiblement été un pari gagnant entre Etats pour diverses questions liées à l’actualité. Vous savez en outre, la RDC, est un pays ouvert à toutes formes de partenariat diplomatique sur base des intérêts de nos populations à première vue. Alors si « quelqu’un sur le chemin de la vie, veut devenir méchant, il le sera selon son propre gré ! Malgré vos bonnes intentions engagés autour de sa personne ».

Pour en venir, à votre préoccupation, permettez-moi de vous dire quelque chose que mes compatriotes semblent ne pas comprendre : le Chef de l’Etat Congolais a toujours mené en parallèle l’approche diplomatique gage d’une stabilité permanente de la vie nationale de toute une Nation et la défense du territoire par le FARDC.

Vraisemblablement, tous les voyages du président Congolais, Félix TSHISEKEDI portent un caractère hautement diplomatique à la rigueur, aucuns détails ne peuvent nous passer dessus la tête.

Au-delà de ce à quoi, la population congolaise aspire c’est simplement pour le rayonnement et le développement qui les concerne. « Nous sommes dans une bonne dynamique dans la préservation de la Souveraineté de notre Pays ».

CD : Pour vous, qui gérez au quotidien la diplomatie, Qu’en est-il du sort de la RDC, du point de vue de la rentabilité, après avoir adhérer à cette Communauté des Etats Africains de l’Est (EAC) principalement Anglophones ?

S.A. : Face à cette situation préoccupante que traverse notre pays à l’heure actuelle, il est impérativement important que de composer avec les 9 pays voisins qui nous entourent, parce qu’il est inadmissible compte tenu de l’embargo des armements nous infliger par la Communauté Internationale de tenir le coup face à certaines menaces touchant même l’intégrité de nos frontières.

A vrai dire, le problème ne se situe pas au niveau de notre adhésion dans cette structure régionale (EAC), tandis que la RDC est effectivement membre il y a que 3 mois de cela, alors que cette question de l’agression Rwandaise remonte depuis 1998, avec l’avènement de l’Alliance des Forces Démocratiques et de Libération (AFDL). Jusqu’au jour d’aujourd’hui, le Rwanda continue à tirer les ficelles de tous ce qui se trame à l’Est de la R.D.Congo. Qu’on se le dise !

CD : Puisque la RDC est membre de la (EAC) à part entière, Quelles sont les réactions des autres pays membres par rapport aux attaques du M23 ?

S.A. : De prime à bord, la vision et la démarche du Chef de l’Etat Congolais, Félix TSHISEKEDI sont inchangeables. Or, c’est la position qu’occupe la RDC géographiquement parlant dans le Continent, qui rend certains pays anxieux de nos richesses du sol et du sous-sol, ils veulent toujours recourir par voie des violences, ne respectant nullement les textes et les principes qui régulent nos organisations ou regroupements sur le plan Continental.

CD: Qu’est-ce que vous voulez dire par là ?

S.A. : « L’on reconnait de bons amis ne serait-ce qu’au moment des malheurs dit-on ! », S’ils estiment qu’il y a un partenariat qu’il faudra consolider dans un sens comme dans l’autre avec la RDC, le Gouvernement de la République prendra acte sous le leadership du président TSHISEKEDI, voilà que les choses vont considérablement bougées pour nos intérêts communs.

Mais en lieu et place, s’ils croient que la diplomatie c’est un langage de faible dans ce cas, nous, la RDC, le mieux à faire c’est de continuer à faire pression à la Communauté Internationale, qui se substitut comme notre parrain sur qui, devrions-nous faire entendre le cri profond de notre cœur pour y remédier efficacement.

CD : Etant le numéro 2, en charge de la diplomatie Congolaise aujourd’hui, Vous vous sentez abandonner ?

S.A. : Non, non, au contraire, comme je vous le disiez dès l’entame de cet entretien ; rien ne peut remplacer la voie diplomatique monsieur le Journaliste.

Laisser moi un peu, manifester mon indignation par rapport à ce qui s’est passée, il y a quelques semaines à la haute tribune de l’O.N.U, je dois l’avouer quand-même, nous en étions déçu.

De la manière dont unanimement les pays membres de l’ONU ont soutenu mordicus l’embargo des armements contre la R.D.Congo. Qu’à cela ne tienne, Ils vont revenir à la raison pour la cause de notre pays.

Je le crois fermement de tout mon cœur. Ce que nombreux lecteurs du Magazine, Congodiplomatie doivent retenir qu’ « On n’écrit jamais l’histoire, en réécrivant l’histoire » par-là, je veux dire ceci : La MONUSCO, étant l’une des antennes de la Communauté Internationale qui nous accompagne depuis plus de 20 ans sait pertinemment bien palper du doigt les réalités auxquelles le Gouvernement de la R.D.Congo y est confrontées, pourquoi pas, ne se constituerait comme un véritable canal entre nous et la Communauté Internationale.

Allez-y comprendre, qu’en 2013, avec cette même MONUSCO en une intime collaboration avec le FARDC, notre pays, s’est désemparé de ces fameux rebelles du M23.

Si les mêmes causes ont produits les mêmes faits alors qu’est- ce qu’il manque aujourd’hui à la mission onusienne de s’imbriquer une fois de plus avec nos forces de défense pour éradiquer cette barbarie grossière perpétrer par le Rwanda. C’est pour cela, le Chef de l’Etat, Félix Antoine TSHISEKEDI, demeure intransigeant pour la sauvegarde de la Souveraineté de sa population. »

CD : Que faut-il faire concrètement Excellence monsieur le Vice-ministre des Affaires étrangères ?

S.A. : Nous restons droit sur nos bottes, c’est-à-dire le fait que la diplomatie rigoureuse et agissante c’est aussi l’apanage de la Communauté Internationale, c’est pourquoi nous, en tant que Gouvernement de la République devrions à tout prix maximiser nos énergies à faire considérablement pression au conseil de sécurité des Nations Unies afin qu’il nous vienne en aide. Car la volonté du Chef de l’Etat Congolais, Félix TSHISEKEDI, n’est pas attentatoire mais plutôt une volonté basée sur une diplomatie prônant le respect des valeurs humaines.

CD : Autre sujet d’actualité, la RDC et la CANADA, célèbrent cette année, les 60 ans d’amitié diplomatique. Quoi dire là-dessus ?

S.A. : C’est autour de 1962, que le Canada a pu implanter son premier consulat en RDC. C’est une amitié qui a ses racines de part et d’autre. Moi qui vous parle, j’en ai vécu les retombées de cette amitié diplomatique basée sur les principes d’équité et d’échanges socioculturels. La RDC est un pays pacifique. Ceci étant, avec le Canada, notre relation d’amitié diplomatique n’a jamais connu des interférences sur le plan politique ni dans un autre secteur.

Je pense que nos deux Etats devrions capitaliser, valoriser, bien protéger davantage tous ce dont nous avons pu acquérir ensemble au bout de ses 60 ans. Mon sentiment le plus légitime est celui d’encourager l’un de nos partenaires à l’occurrence, le Canada.

60 ans ça se fête et, Pour lier l’utile à l’agréable, je suis ravi quand-même d’être pour la circonstance convier à y participer.

CD : Pouvez-vous placer un mot de Conclusion à l’issu de cet entretien ?

S.A. : Le premier diplomate en RDC, c’est le président de la République parce que c’est lui, qui nous propose une feuille de route (la vision), qu’on peut appeler « Programmes du Gouvernement de la République ». Le premier ministre et ses ministres, accompagnons Sa vision et nous la matérialisation.

Tellement, qu’il s’est lancé dans une diplomatie de développement et d’écoute, nous mettons en pratique ses recommandations. Lui, il a ouvert le monde pour la RDC, bien évidemment, nous ne pouvons pas agir autrement.

Propos recueillis par Gomer Oleko

Gomer Oleko est Editeur et Directeur de la Publication de Congodiplomatie magazine qu'il a fondé en 2015. Soucieux de redorer l'image de la République démocratique du Congo à l'étranger, il est également producteur d'un documentaire touristique sur les villes congolaises. Reconnue comme expert diplomatique, il organise des vernissages diplomatiques pour chaque parution du magazine Congodiplomatie avec comme Invités spéciales, l'Ambassadeur du pays dédié et une Autorité congolaise du domaine de la diplomatie. Il est également Co-organisateur du Forum bilatérale sur la promotion de la coopération culturelle et scientifique qu'il organise avec les Ambassadeurs Congolais à l'étranger. Monsieur Oleko est Directeur général de Blims Media, une société d'édition et de promotion internationale présente dans les plus grands salons internationaux du livre. Il est diplômé en relations internationales.

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